Partager l'article ! Au chat et à la souris: ...
"Madame, vous savez que le violeur est à Tremblay? Moi, je dis ça, c'est pour vous, pour qu'il vous arrive rien."
"Il ne s'en prend qu'aux blondes."
S'ensuit un chapelet d'histoires glauques qui n'arrivent pas qu'aux autres. On apprend l'existence des "témoins de moralité" : non pas pour attester de la moralité du violeur qui a malheureusement dérapé, ça peut arriver à tout le monde, ou de son immoralité inconditionnelle de psychopathe grand méchant loup, mais pour certifier de la moralité de la victime... Non, ce n'est pas une aguicheuse, encore moins une croqueuse d'hommes ; non, elle ne s'habille jamais au grand jamais de manière provocante, d'ailleurs elle sort peu, n'a que des amis fréquentables qui viennent seulement prendre le thé, oui c'est une voisine irréprochable toujours à l'écoute et prête à rendre service, ça on peut pas lui reprocher!
Le ciel gris béton jute dans les chaussettes des deux blondes piteuses. Un jour, un bus. On poursuit à pied. C'est là qu'il arrive, destinée. On le fait piler.
"Mesdemoiselles, vous savez bien que je n'ai pas le droit de m'arrêter en dehors des arrêts.
- Oui, nous sommes désolées mais il pleut et...
- Et moi, je suis comme les profs, j'aime bien punir... Alors vous chantez une souris verte ou je ne redémarre pas."
On l'a fait. Avec consentement?