Vendredi 10 février 2012
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102 Doudouville. Ca faisait longtemps.
Entre un blondinet avec une épée rose. C'est un habitué. Agé de huit ans tout au plus, il claque la bise au patron, lui raconte sa journée d'école, puis fait la tournée des joues des trois
clients restants. Il exhibe une main droite mercurohromée qu'il nous faut embrasser également, avec toute la ferveur du bisou magique." Papa", s'enthousiasme-t-il vers la porte.
Un visage joufflu bien connu fait son apparition : Besancenot est dans la place. Olivier, comme si de rien n'était.
Nous discutons DGH et heure syndicale. Il jette un oeil.
Nous étions sur le point de revenir à la polaire à poils longs et aux vacances bivouac, quand une copine appelle pour proposer d'aller "differ dimanche matin à Aulnay avec les ouvriers de PSA".
Inespéré.
Pendant que nous devisons maintenant sur un marteau et une faucille en sucre glace et sur la fermeture de l'usine en 2014, le blondinet voudrait un orangina. "Papa, ste plaît, ste plaît, ste
plaît, ste plaît, ste plaît." On avait dit un jus, c'est mieux un jus. "Allez, ste plaît, ste plaît, ste plaît, ste plaît." Il est déjà derrière le comptoir pour choisir une paille assortie à son
épée et faire sauter le bouchon derrière les mojitos. Il veut montrer l'auto-portrait de son amoureuse. "Le portrait, explique Papa. Un auto-portrait est un portrait qu'on fait de soi-même." Coup
d'oeil encore.
Tracts et Trotskisme de notre part.
Un silence.
Il est l'heure de se lever, de se croiser. Lui ne paie pas, nous oui. On reviendra.