Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 09:17

Pour fêter la première semaine de l'atelier d'écriture, un petit sujet pas piqué des vers semblait tomber à propos dans ce coin de bar : "Osez 20 nouvelles de sexe", un concours organisé par la maison d'éditions La Musardine, apparemment à court d'écrivaillons coquins.

 

Autour de la table, l'équipe lève le stylo et marque un petit temps d'arrêt. On ricane, on se demande par où commencer : une scène en solitaire ou une écriture à plusieurs mains? On musarde jusqu'à ce qu'un membre se lève : "ça a l'air de plaire à tout le monde, mais moi je le sens pas trop." Une pointe de déception et un perceptible soulagement traverse l'assemblée. De toute façon, on avait trop mangé et pas assez bu.

 

Mais dans mon lit, l'envie me titille d'essayer malgré tout.

Commencer par la "scène de sexe explicite" paraît difficile. Faut-il faire appel à ses souvenirs? Un après-midi de décembre, alors qu'il... je... Non, ce n'est pas un carnet de vacances.

Faut-il mettre en scène ses fantasmes? Les mêmes qu'un peu tout-le-monde, qu'on nous assène, sans imagination? Un lieu, un nombre, une taille, un poids, un âge, une nationalité, des spectateurs, des objets, des tabous? Mais qu'est-ce qui vous fait fantasmer, vous?

 

Commençons par installer un cadre alors. Un truc froid, un personnage aigre. C'est tout ce que je trouve pour tenir à distance les clichés pressants. Ce n'est pas gagné, on dirait du Beigbeder. Je pense à la mention "rire autrement", nouveau label apposé sur Sandrine Kiberlain, qui peint avec un oiseau et un air de  suicidaire...

Mais à un moment donné, il faut y aller. Tout est sans doute une histoire de rythme : susciter l'excitation, parvenir à la faire croître  jusqu'à une apogée, faire croire qu'il y aura d'autres apogées. Un peu comme dans une histoire d'amour, finalement. Les téléphériques, tout ça... je m'égare.

Tiens, ce bon vieux Crébillon, d'ailleurs, et ses égarements du coeur et de l'esprit. L'érotisme du XVIIIème : voiler pour mieux dévoiler. Le verrou. Boucher. ça, c'est la tentation de la sublimation par la référence culturelle. On jette.

 

Boucherie. Dans une boucherie-charcuterie, ce serait drôle! Ah, le petit charcutier timide de mon village  fessant sa charcutière, porcine à souhait, à coup de côtelette de veau sur le billau de la chambre froide... Mais voilà, la parodie, c'est trop facile. Et même si femme qui rit à moitié dans ton lit, jury qui lit et qui rit certainement pas conquis : "n'oubliez pas que votre nouvelle doit donner envie de lâcher le livre..."

 

Finalement, j'ai un début. Tiens-je le bon bout?

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

 

PS : Docteur, peux-tu me ramener les blouses?

Par Caperucita in the mood
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