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Mes jambes flageolent. Mon estomac tourbillonne. Je viens de dépasser le panneau "risque d'électrocution" sur le pont entre Stalingrad et La Chapelle.
Un coup de foudre de Saint-Valentin, en sorte.
Je fredonnais Mike Brant, baignée du souvenir de Lacombe Lucien posant gentiment son collet dans l'herbe trop verte. Mon alto aguerrie s'accordait pour chanter la tierce.
Un regard me transperce. Je n'ai pas le temps de reconnaître un avertissement. Le contenu de la bouche sous le regard me gicle au visage.
Une demi-seconde.
Nous hurlons un gros "connard" de concert. Un mètre nous sépare déjà du cracheur. Mais les mots doux semblent le toucher. Il se retourne en un éclair, balance un bras droit de lanceur de poids, pour mieux donner de l'élan au sac qu'il tient dans la main gauche. Il se fige et se ravise aussi brusquement qu'il avait commencé.
Une demi-seconde.
J'ai l'impression de me réveiller, propulsée trois mètres plus loin, les mains sur la tête. Léa sort de son hébétement , électrisée près du panneau. Je n'avais même pas remarqué le tas d'hommes qui a vu sans bouger. Il ne s'est donc rien passé.
Au bout de combien de crachats, de mains au cul, de "elles sont mignonnes les petites fleurs, et les fleurs faut leur parler sinon elles fanent" et de "ça va, c'est pas grave", serai-je capable d'appliquer la techniques des petits poings?